4. L’équarisseur

Je travaille dans la chirurgie
Je ne pratique pas dans les hôpitaux
Je voyage dans plusieurs pays
À la recherche d’organes vitaux
Les riches paient des millions
Pour un poumon, un cœur, un foie
Et pour ce genre d’opération
On fait souvent appel à moi
Je cherche des pauvres, des enfants, des handicapés mentaux
J’extrais de leur corps des organes pour les occidentaux
Je pratique mon art avec une extrême précision.
Le bruit du scalpel dans la chair est une vraie addiction.
On vient de passer commande d’un cœur et d’un poumon
Je n’ai pas beaucoup de temps pour cette opération
Direction l’Europe de l’Est, sud de la Roumanie
Dans la rue d’un bidonville, ma proie est toute choisie
Tout d’abord je lui injecte un bon tranquillisant
Puis je l’emmène dans mon laboratoire ambulant
Je sors outils et produits de mon attaché-case
Et je commence l’incision pour prendre ce qui m’intéresse
Mes gestes sont nets et précis pour extraire le cœur
Dans le métier, les clients m’appellent l’équarisseur.
Chaque intervention est un défi,
Car j’ai peu de temps pour opérer
Il faut que rapidement soit réussie
L’ablation des organes des macchabées.
Les pays en voie de développement sont un grand supermarché de l’organe
Et moi je suis le client à la recherche de cette superbe manne
Les bidonvilles représentent pour moi comme d’immenses têtes de gondole
Promotions à chaque coin de rue, foire aux organes pour mes patients de métropole
Je dois être attentif aux dates de péremption, la vie de mes clients repose sur mes choix
Pas de date inscrite sur le carton, mais l’année de naissance sur les papiers de mes proies
Je franchis les frontières, comme d’autres traversent les rayons
Et grâce à la misère j’extrais foies, reins, poumons
Le bon filon, c’est les pays en guerre
Là où les victimes tombent à foison
Les morgues et hôpitaux où je me sers
Sont une véritable source de pognon

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