La Mort Rouge avait décimé le pays
De mémoire d’homme, jamais peste ne fut si mortelle
Lambeaux de peau, chairs pourries
Jonchaient les maisons et les ruelles
Pendant ce temps, dans une abbaye fortifiée
Le seigneur rassemble tous ses compagnons
En dedans, la fête est à son apogée
En dehors, ce n’est que putréfaction
Dedans, c’est danses, beuverie et ripaille
Décoration et costumes étincellent
Dehors, la Mort Rouge pourrit les entrailles
Dans les fosses communes, les corps s’amoncellent
Dans une des salles, un convive s’introduit
Grand, décharné, un suaire pour seul vêtement
Son masque représente un cadavre raidi
Et son linceul est maculé de sang
Douleurs aiguës
Suintement par les pores
Espoirs perdus
En moins d’une heure, c’est la mort
Exaspéré par cette mauvaise plaisanterie
Le seigneur s’approche et sort son poignard
Mais quand il arrive face à lui
Le prince tombe mort en croisant son regard
Saisissant l’assassin, tous sont pris de panique
Le suaire ne loge aucune forme humaine
Ils reconnaissent la Mort Rouge, Peste Bubonique
Une mort inéluctable, toute fuite est vaine
Dehors comme dedans, plus personne ne bouge
Tous subissent la même mort précipitée
Les Ténèbres, la Ruine et la Mort Rouge
Etablissent leur empire illimité